Histoire du vin de Cahors

Le vin de Cahors est considéré comme un des plus anciens d’Europe : C’est au rythme des conquêtes romaines que la vigne arrive en Quercy il y a 2000 ans. Très vite, les vins de la région apparaissent si bons qu’ils portent tort à la production italienne ! L’empereur ordonne l’arrachage des vignes de Cahors en l’an 92. Il n’est pas obéi…

Pionniers de l’export

En 1152, le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenêt, futur roi d’Angleterre, favorise le développement des vins de l’arrière-pays bordelais, en particulier le vin de Cahors. Très apprécié des Anglais, "The Black Wine of Cahors" connaît un essor considérable. Henri III d’Angleterre « enjoint en 1225 aux jurats de Bordeaux de ne point arrêter, ni imposer d’aucune manière, les vins que les marchands de Cahors, qu’il a pris sous sa protection, font descendre vers la Gironde » ("Patent Rolls of the reign of Henri III". A.D. 1216-1225, p.528). Par ailleurs, lors de leur étape à Rocamadour, les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle apprécient le vin de Cahors et contribuent ainsi à répandre sa réputation dans toute la France comme à l’étranger. Le commerce du vin de Cahors connaît son apogée en 1310, avec une production de 850 000 hl, représentant 50 % des exportations au départ du port de Bordeaux (Association d’Expérimentation de la Ferme Départementale d’Anglars-Juillac - Etude des Terroirs Viticoles du Vin de Cahors).

Bordeaux la rivale

La Guerre de Cent Ans met fin à une longue période de prospérité. Un mandat de 1373 favorise les productions de la Gironde en surtaxant les vins du Haut-Pays et particulièrement les Cahors. Malgré cette discrimination, qui ne fut abolie qu’au XVIIIème siècle, les Cahors restent des vins réputés, aimés des grands de ce monde tels François 1er qui fait planter à Fontainebleau une vigne avec le cépage "Cahors" et Pierre le Grand de Russie, qui l’impose à l’église orthodoxe. Hugh Johnson, dans "Une histoire mondiale du vin" (Hachette) précise en se référant au XVIIème siècle : « quand au vin rouge, les Hollandais l’aimaient fort et foncé, comme le Cahors, leur vin idéal ».

L’éclipse

En 1866, le vignoble s’étend sur 58 000 ha (Association d’Expérimentation de la Ferme Départementale d’Anglars-Juillac - Etude des Terroirs Viticoles du Vin de Cahors). Mais dès 1865, un puceron microscopique ravageur de la vigne très connu sous le nom de Phylloxera fait son apparition en France. Douze ans plus tard, la totalité du vignoble français est infestée. Le vignoble de Cahors est entièrement détruit.

Une seconde jeunesse

Une activité viticole se maintient malgré tout. Mais les hybrides utilisés ne produisent que de pâles copies du vin originel. En 1947, quelques vignerons fondent la cave coopérative de Parnac. Leur but, faire renaître le Malbec, le cépage du Cahors. C’est chez un propriétaire récoltant de Bordeaux qu’ils trouveront des plants dont est issu le vignoble actuel. En 1951, le vin de Cahors devient V.D.Q.S. (Vin Délimité de Qualité Supérieure). Le gel de 1956 ruine à nouveau de nombreux vignerons lotois. Mais aucun ne désespère et tous se remettent à l’œuvre. En 1964, la Confrérie des Vins de Cahors voit le jour. C’est en 1971 que Cahors qui ne couvre que 440 ha obtient l’appellation d’origine contrôlée. Aujourd’hui, 4 500 ha sont aptes à revendiquer l’A.O.C. Cahors.

Histoire du Chateau du Cayrou

Origine

Mentionné dès le 14ème siècle, le Cayrou appartient aux Guiscard, seigneurs de la Coste à Grézels, jusqu’en 1659 ; leur blason « d’argent aux bandes de gueules » est inscrit sur la façade principale. Le terme de « Cayrou » désigne aussi bien les tas d’épierrement dans les Causses que les cailloutis et galets des anciennes terrasses alluviales à l’origine de ce terroir de « graves ».

Le clergé

De 1659 à la Révolution, le Château du Cayrou est la propriété des chanoines réguliers de Saint-Augustin à Cahors. La tour du château pourrait avoir servi à emmagasiner les prélèvements en nature pour l’Evèque de Cahors.

En 1791, le domaine du Cayrou est confisqué au Clergé et vendu comme bien national à un négociant de vins de Bordeaux.

Le bon temps

En 1830, il est acquis par Eugène Lafon, riche propriétaire terrien. Son petit-fils Eugène Delard y demeure jusqu’en 1930. « Prince des lettres et parfait gentilhomme », il y reçoit de nombreux hôtes dans une ambiance « épicurienne » avec beaucoup de « temps libre » : « le croquet comme les exercices pieux restent essentiellement facultatifs ».

La guerre

En 1940, Raoul Chambert , entrepreneur de Nancy, fuyant l’occupant, s’arrête à Cahors et acquiert le Château. Son fils Jacques, officier, échappe de justesse à une arrestation en 1944 en traversant le Lot. De cette période, il faut surtout signaler le 12 octobre 1943 : ce jour-là eut lieu au Cayrou une réunion de l’organisation de la résistance de l’Armée (O.R.A.) ; cinq des participants furent arrêtés et déportés. Une plaque commémore cet évènement.

Le renouveau

En 1971, la famille Jouffreau, viticulteur à Prayssac depuis 7 siècles, est séduite par le potentiel du sol de graves. Elle développe le domaine viticole actuel en y replantant 30 hectares de vignes.

Depuis 2009, le Château du Cayrou appartient à la famille Georges Douin, originaire de Luzech, qui a passé toute sa carrière chez Renault et a été élu « Homme de l’année » en 2004 par le Journal de l’Automobile.

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